12.11.2019

Forbes Afrique – L’offensive africaine d’Elit’Avia

Septembre 2019 – Par Michael Tobias


Le marché africain des jets privés connaît un véritable boom. Des acquisitions pour 7 milliards de dollars sont attendues au cours de la prochaine décennie, selon les projections du Bombardier Business Aircraft Market Forecast. C’est en tenant compte de la dynamique de ce secteur que le groupe Elit’Avia, un des acteurs mondiaux de l’aviation d’affaires, développe depuis plusieurs années une stratégie offensive sur le marché africain.

Michel Coulomb, président directeur général d’Elit’Avia, a récemment rencontré Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo. S’ils ont sûrement échangé sur l’amélioration du climat des affaires dans le pays, il est évident que l’entrepreneur n’a pas manqué de proposer au dirigeant congolais l’acquisition d’un appareil de sa prestigieuse flotte de jets privés.

Investisseur largement reconnu du secteur de l’aviation, Michel Coulomb a fondé Elit’Avia en 2006, en Slovénie. Avant cela, il a occupé des postes de chef pilote et de directeur opérationnel de l’une des plus grandes flottes d’Europe. Pilote expérimenté et passionné, avec plus de 10″000 heures de vol à son actif, il possède également plus de dix-huit ans d’expérience dans la gestion de diverses entreprises dans différents endroits du monde. Et il est un parfait connaisseur du marché de l’aviation sur le continent, et plus particulièrement au Nigeria, où il a opéré et vécu entre 1992 et 1997. En 2013, Elit’Avia a ouvert un bureau à Accra, au Ghana, d’où elle opérait avec une flotte de quatre jets dans la sousrégion. Parmi ceux-ci, un Bombardier Global, un Bombardier Challenger et un Dassault Falcon. Elit’Avia a aussi exploité un Gulfstream G550s et un G450s. Puis sa flotte sur le continent a été complétée par un Gulfstream G550, un Dassault Falcon 7X et un Bombardier Challenger 605. Soit au total plus d’une dizaine d’appareils.

UN CŒUR DE CIBLE

Michel Coulomb estime que son expérience nigériane a été déterminante dans les choix stratégiques de son groupe pour un continent qui connaît encore une croissance significative. Mais il reste lucide et pragmatique face à la réalité de ce marché, ayant suivi et subi la crise des devises que le Nigeria a connue entre 2017 et 2018. «Le Nigeria reste pourtant un marché très porteur et sans doute le plus dynamique du continent», souligne-t-il. Directeur général et président du conseil d’Elit’Avia, il sait que le cœur de cible de la clientèle de jets privés en Afrique, les «”high-net-worth individuals”» (HNWI), dont le revenu minimum est d’un million de dollars, représente une population d’environ 140″000 personnes. Et que sur le continent, on compte 3,5 jets pour 1″000 HNWI. Un chiff relargement audessus de la moyenne mondiale, qui est de 1,5 jet pour 1″000 HNWI. Et qui s’explique par le faible niveau de connectivité aérienne entre les villes africaines. «Nos clients d’Afrique de l’Ouest sont très attachés à la sécurité, au confort et à un accès direct à leur destination à l’intérieur du continent, explique Michel Coulomb. Cet accès direct est bien difficile à assurer par les vols commerciaux des compagnies aériennes africaines.!» On observe aussi un accroissement des vols de jets privés entre l’Afrique et l’Europe, avec en tête des destinations Paris et Moscou. Elit’Avia vient d’ouvrir un bureau à Dakar qui devrait lui permettre de renforcer sa présence en Afrique de l’Ouest. «Nous sommes en train de finaliser un partenariat avec un acteur local, avec qui nous allons créer une joint-venture, détaille l’homme d’affaires. Nous installons une société de management qui va exploiter une licence commerciale. C’est le même schéma que nous comptons mettre en place en Tunisie avec un partenaire tunisien avec qui nous sommes en discussion. »


« Le Nigeria reste un marché très porteur et sans doute le plus dynamique du continent. »


DÉVELOPPER DES PARTS DE MARCHÉ

En Afrique, le nombre d’avions constituant la flotte du secteur de l’aviation d’affaires a été multiplié par deux au cours des dix dernières années. Et plus de 600 livraisons de jets sont attendues au cours des dix prochaines années dans les catégories légères et moyennes. Parmi les cibles, il y a en premier lieu les entreprises privées, notamment celles qui sont actives dans le secteur minier et pétrolier. Mais il y a aussi les milliardaires africains et les États, dont les présidences sont des loueurs ou des acheteurs de jets privés. Elit’Avia, à côté d’autres acteurs dont de plus en plus de compagnies africaines, s’emploie ainsi à développer ses parts de marché dans la vente et dans la location d’appareils, mais aussi et surtout dans le management et les opérations de service. Le groupe de Michel Coulomb a récemment mis au point un logiciel d’évaluation de données sur le risque dans l’environnement aéronautique, Osprey Flight Solutions. L’objectif, selon le dirigeant : «Garantir à notre clientèle et nos équipages un environnement sécurisé, grâce à l’innovation technologique qui permet d’optimiser l’évaluation du risque.» Et on sait combien la question sécuritaire est vitale en Afrique


Un partenariat prometteur

Dans sa stratégie visant à renforcer son positionnement africain dans le secteur de l’aviation d’affaires, Michel Coulomb vient de créer en partenariat avec l’homme d’affaires algérien Hassan Mebarki, H&M Oil and Gas. Il s’agit d’une société qui alimente en jet fuel les opérateurs du secteur. Mais elle se positionne aussi dans le trading de matières premières avec un focus sur l’Afrique.

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